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Exposition Les Abattoirs "Les couleurs de l’exil, Un pan de la peinture espagnole"

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Du 06/04/2024 au 16/06/2024
Cultural - Exposición

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Exposition Les Abattoirs "Les couleurs de l’exil, Un pan de la peinture espagnole"


65170 SAINT-LARY-SOULAN

0562408786

Horarios

 

Tarifas

  • Entrada gratuita

Descripción

A l'occasion de l'exposition Les couleurs de l’exil, un pan de la peinture espagnole, présenté à la Maison du patrimoine de Saint Lary, les Abattoirs Musée - Frac Occitanie Toulouse présentent un choix d'œuvres d'artistes espagnols de ses collections.

Œuvres de la collection des abattoirs Musée – Frac Occitanie Toulouse

Eduardo Arroyo, Miquel Barceló, José Manuel Broto, Jordi Canudas, Eduardo Chillida, Antoni Clavé, Esther Ferrer, Rafa Forteza, Josep Grau-Garriga, Joan Jorda, Manolo Millares, Antoni Miralda, Antonio Saura, José Maria Sicilia, Antoni Tàpies

Ceux, glorieux, d'une génération antérieure aux années soixante-dix (Millares, Saura, Tàpies, Clavé, Arroyo) et ceux là même sur la scène artistique nationale, puis internationale à partir des années 80 (Barcelo, Broto, Ferrer, Sicilia, Garcia Sevilla). Cette exposition est l’occasion de revenir sur un pan de l’histoire de l’art espagnole au travers de ces peintres qui ont connus à la fois l’exil et l’esprit de résistance.

En 1939, L'Espagne est dévastée. Une sanglante guerre civile et deux dictatures militaires - dont celle du Général Franco qui durera 35 ans, font de l'Espagne un monde isolé dans l'histoire de l'art. La principale préoccupation du nouveau régime fut de recréer une identité nationale forte basée sur l'esprit phalangiste : catholicisme viril et triomphant, refus des libertés et oubli du passé proche. L'avant-garde artistique, représentée par Picasso, Dalí, Buñuel ou Miro, devient dès lors indésirable en Espagne, le franquisme lui préférant un "art du régime" ou à l'extrême limite une modernité plus "acceptable".

Malgré tout, des groupes résistants à la censure et à l'étouffement se constituent afin de prouver qu'il était possible de poursuivre la trajectoire avant-gardiste de l'avant- guerre. A Barcelone, Le mouvement Dau al Set (la " Septième Face du Dé "), d'inspiration surréaliste, constitue le premier signe de respiration artistique dans l'Espagne d'après-guerre. Ce groupe, fondé en 1948, voit l'émergence dans ses rangs d'Antoni Tàpies (né en 1923), qui deviendra une figure centrale de l'avant-garde de la deuxième moitié du vingtième siècle.

La Catalogne n'est pas la seule à s'insurger contre l'obscurantisme franquiste et Madrid se rebelle aussi dès 1957 avec la constitution du groupe El Paso (Le Pas) fondé par Antonio Saura (né à Huesca) et composé d'artistes tel Manolo Millares. El Paso se veut synonyme de rupture, expression d'une éthique artistique qui voudrait transformer la société en bouleversant les règles de l'art afin d'éduquer le peuple espagnol à de nouveaux langages.

L'art de cette génération d'artistes est caractérisé par la sévérité, le dépouillement, le dramatisme ancestral et les aspirations métaphysiques. De plus, la mutinerie de ces créateurs contre le régime franquiste, la "haine amoureuse" qu'ils éprouvent à l'égard de leur pays, reste une constante.

Mais après 40 ans de dictature, l'Espagne rompt enfin avec son passé ténébreux. Au début des années 80, Madrid, Barcelone, Séville, Valence connaissent une effervescence artistique insolite. En même temps que l'Espagne entre dans l'univers des démocraties européennes, la nouvelle génération d'artistes espagnols (Barcelo, Broto, Sicilia, Garcia Sevilla, Esther Ferrer) se découvre un dynamisme puissant et assumé. Cette génération ne s'embarrasse pas d'inutiles idées, de vaines prétentions, mais invente, dans l'intensité de l'image et de l'instant, une relation au monde faite de hâte et d'acharnement, comme si trop de temps avait été déjà perdu.

C’est tout ce pan d’histoire que tente de retracer cette exposition au travers de ce nouveau partenariat si proche de la frontière ibérique ou l’âme espagnole se trouve magnifié par une sensualité sereine et grave à la fois.